J'ai toujours eu un intérêt marqué pour l'histoire, surtout celle de la seconde guerre mondiale. À mon premier voyage en europe, je voulais visiter un camp de concentration et je ne l'ai pas fait. Ce fut la seule et unique chose que j'ai par la suite regretté par rapport à ce voyage.
J'ai passé l'été à parler de la deuxième guerre mondiale et j'ai beaucoup aimé ce contact particulier entre le passé, la mémoire des gens et les émotions qui y sont rattachées. J'aimais surtout faire prendre conscience au gens que les implications de cet événement sont tellement grandes qu'on tend à les oublie. Pendant deux mois, je terminais mes visites en demandant combien de gens étaient morts de par la seconde guerre, et dans le 5/6 des cas, les gens ne connaissaient pas la réponse ou ils l'avaient oublié. Pourtant, c'est un chiffre qu'on a tous entendu et qui impressionne autant à chaque fois, un chiffre qui parle de lui-même et qu'on ne devrait pas oublier: soixante millions de morts. Juste essayer d'imaginer la réalité de ce chiffre donne des frissons dans le dos.
La visite d'Auschwitz en Pologne était donc une suite logique pour moi. Cela remplissait mon besoin historique personnel et je sentais que ça venait boucler mon été. J'ai malheureusement été un peu déçue de ma visite, surtout par le fait qu'on était beaucoup et qu'on avait que très peu de temps pour se recueillir. J'ai aussi trouvé que l'attitude de certains visiteurs - certains de mes amis espagnols font tristement partie de ce constat - ne respectait absolument pas le lieu de mémoire qu'est Auschwitz. A-t-on vraiment besoin d'un autoportrait tout sourire devant l'entrée d'Auschwitz?
Bref, à Auschwitz j'ai surtout été impressionnée par l'aspect organisationnel du camp, soit le fait que des trains partaient de tous les coins d'europe avec leur cargaison (sic), qu'on calculait une partie de perte en chemin, et qu'on planifiait l'heure d'arrivée des trains pour s'assurer de rentabiliser au maximum les quotas mortels, le camp ayant une capacité de quatre milles quelques exécutions quotidiennes... C'est vraiment la machine derrière les camps de la mort qui m'a frappé en Pologne. Pour la réflexion, je n'avais pas senti le temps de m'y attarder beaucoup.
Je suis donc allée au camp de Sachsenhausen, à environ une heure de Berlin. Le camp est presque entièrement vide, sauf quelques baraques. L'histoire particulièrement intéressante de ce camp est que suite à la défaite nazie, le régime communiste n'a pris que trois mois avant de rétablir un camp de la terreur à ce même endroit. Même s'il n'y a presque rien à voir à cet endroit, j'ai vraiment pu prendre le temps d'intégrer, d'ingérer l'histoire du lieu et de ses implications, chose que je n'avais pas réussi à faire à Auschwitz.
Une amie tchèque m'a trouvé bien bizarre quand je lui ai dit que j'avais visité des camps de concentration en Europe. Elle n'aurait jamais pensé inclure cela dans un voyage touristique. Je lui ai alors expliqué tout ce que je dis ici, mais surtout que pour un nord-américain, la guerre est tellement irréaliste, tellement lointaine, que j'avais besoin de me camper les pieds dans cette terre, de respirer cet air sali, de toucher de mes doigts les murs souillés, de verser des larmes sincères pour m'assurer que mon corps, tout autant que ma tête, n'oublierais jamais...
16 févr. 2008
Sachsenhausen-Oranienburg
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25 nov. 2007
Auschwitz I et Auschwitz-Birkenau
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24 sept. 2007
trouvé dans mes archives...
Quelle est la différence entre un parachutiste italien, français, américains et canadiens?
Les Américains sautent à l'heure et capturent leur objectif.
Les Français sautent en retard puisqu'il ont oublié leurs parachutes, puis ils capturent leur objectif.
Les Italiens regardent leur chef de peloton sauter et applaudissent en faisant des Vivas!
Les Britanniques attendent que les Canadiens capturent l'objectif, puis ils prennent le mérite.
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21 juill. 2007
Vimy et Beaumont-Hamel
Lundi soir, Hélène et moi prenons le bus pour aller à Caen récupérer notre voiture de location. Direction le Nord-Pas-de-Calais, plus précisément Arras, demeure de nos amis les guides de Vimy.
Après près de quatre heures de route, nous arrivons à Arras mais nous perdons dans la ville une bonne demi-heure. Une dizaine des guides nous attendent à la maison de Saint-Aubert. Après quelques verres, on continue la soirée à un bar lounge avec sympathiques Mojitos, puis retour à la maison et dodo dans les sofas.
La maison de Saint-Aubert est vraiment... ce que j'aurais aimé avoir pendant mon été. Trois étages, de grands espaces communs, de la lumière, en fait beaucoup de lumière, 5 chambres pour 8 personnes, une baignoire (!), mais surtout, ils vivent en plein centre d'Arras, à 10 minutes à pied de la station de train, à 5o minutes en TGV de Paris et de Bruxelles. Étant une grande fille de la ville, c'est décidément ce qui me manque cet été, surtout que la température ne nous permet pas trop de profiter de la plage. Ainsi, me retrouver pour deux jours dans cette maison idéale m'a foutu les jetons pour le reste de l'été. Notre maison à nous est froide, sombre et beaucoup trop petite. Vivre à 4 dans une chambre, c'est vraiment pas jojo. On est JAMAIS seules et c'est très difficile pour le moral.
Bref, après une crise de jalousie sur la maison, je m'en suis partiellement remise. Le lendemain, nous visitons les monuments à la Première guerre entretenus par le gouvernement canadien à Vimy et Beaumont-Hamel. En avril de cette année se tenaient les célébrations du 90eme anniversaire de la bataille de la crète de Vimy et vous en avez surement tous entendu parler, non pas pour les célébrations elles-mêmes mais bien pour les fautes de français trouvées sur les panneaux du centre d'interprétation.
La bataille de Vimy est une grande victoire canadienne de la Grande guerre et la France a donné une parcelle de terre au Canada qui y a installé un immense monument à ses morts. Le monument a été rénové au cours des dernières années puisque la pierre utilisée, la pierre de Seget ou Limestone en anglais, libère une suif grisâtre qui empêchait de lire les noms des soldats gravés sur la monument.
C'est un lieu très important et surtout assez impressionant. Greg nous a fait une très bonne visite des tunnels se trouvant sur le terrain de Vimy. La Grande guerre était bien sûr une guerre de tranchées, mais aussi de tunnels. Les béligérants creusaient des tunnels les uns sous les autres, disposant des tonnes d'explosifs sous un tunnel ennemi pour ensuite les faire exploser. Les conditions de vie étaient exécrables: une humidité constante, une température ambiente entre 10 et 15 C, un éclairage désuet, principalement à la chandelle, de la boue jusqu'au genoux et des rats de la grosseur d'un chat, de par les énormes quantités de cadavres se trouvant dans les champs de batailles.Nous sommes ensuite allés à Beaumont-Hamel, qui est un monument radicalement différent. C'est une des derniers endroits en Europe où les tranchées de la Grande guerre sont restées intactes, de part et d'autres. Puis, il ne fait pas état d'une victoire canadienne, mais bien d'une des plus grandes défaites de l'armée canadienne.
Le matin du 1er juillet 1916, le Premier bataillon Terre-Neuvien prend d'assaut le champ de bataille de la Somme. Des tirs d'artillerie devaient détruire les fils barbelés disposés sur le terrain, mais sans succès. Des brèches ont été crées en coupant certains barbelé pour permettre aux hommes de passer. Par contre, les deux régiments à avoir tenté d'atteindre la première ligne de tranchée ont été décimés sans réussir leurs objectifs. Comme les brèches dans les barbelés sont faits en zig-zag, les hommes sont forcés à s'engager dans ce goulot d'étranglement, indiquant aux Allemands où ils peuvent concentrer leurs tirs pour atteindre tous les soldats.
Les Terre-Neuviens sortent des tranchées en colonnes, baillonnettes au canon, attendant 40 pas avant de laisser une autre colonne avancer. Ils sont les seuls à se déplacer sur le terrain, et les Allemands ont une vue dominante du terrain et n'hésitent donc pas à utiliser leur mitraillette sur le régiment. Sur les 780 hommes du bataillon prenant part à ce premier jour de bataille sur la Somme, seuls 68 répondront à l'appel le lendemain. La plupart des soldats tués l'auront été en une demi-heure de bataille. Cette même journée restera marquée comme étant la plus meutrière de l'histoire militaire britannique, avec 57 470 pertes, incluant 19 240 morts. Le Canada étant à l'époque une colonie britannique, ses pertes sont évidemment ajoutées à celles de l'armée britannique.
Après cette visite très émotive menée par le Cape-Bretonnien John, on tente l'impossible et essayons d'atteindre Ypres en Belgique, pour écouter le Last Post au Menin Gate. Alors qu'on était dans les temps, nous restons pris dans le traffic. Arrivés à Ypres, Hélène et Félix, un gatinois à qui on donnait un lift, réussissent à écouter le Last Post. Sarah et moi cherchons par contre du stationnement et n'arrivons que pour écouter les dernières 3 notes. On en profite pour prendre une p'tite bière et hop, de retour à Arras pour un dîner tardif (23hoo) avec les autres guides.
Le lendemain, Michel et Manisha se joignent à nous pour notre retour vers la Normandie. On avait ambitionné et on prévoyait l'itinéraire suivant: Brugges (Belgique), Dunkerque, Calais, Dieppe, Étretat, Honfleur. Dès le départ, on s'est aperçu que ça ne marchait pas, surtout comme il nous fallait être de retour pour 18hoo pour la voiture de location. Après avoir laissé tombé les trois premiers objectifs, nous avons décidé d'aller vers la côte, à Berck-Plage. Mais nous nous sommes perdus après avoir raté une sortie et nous avons fait moins de 100 km en trois heures de route via des petits chemins et détours.
Bref, au fil de la journée, nos arrêts se sont évaporés et nous avons réussi à voir Berck-Plage et Honfleur. Point. Mais ce fut très plaisant comme road-trip et en très bonne compagnie. À notre retour à Caen, hélène et moi avions rendez-vous avec melanie et katya pour une soirée de filles. Suchis et salsas étaient au menu et cette soirée termina agréablement notre escapade!
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15 juill. 2007
Dieppe - deuxième partie
voir Dieppe - première partie.
0445
Aux petites heures du matin, 6000 soldats prennent d'assaut les plages de Dieppe. 5000 parmi eux sont des soldats canadiens, aidés de 1000 britanniques, de 50 troopers américains et de 20 français du commando Kieffer. Parmi les régiments canadiens se trouvent entre autres le Black Watch de Montréal, les Fusiliers Mont-Royal et le Royal Régiment of Canada, de Québec.
Les péniches de débarquement approchent de la plage, et certaines rencontrent par hasard une patrouille allemande. L'échange de feux s'ensuivant sonne l'alerte dans les positions de défenses allemandes se trouvant près de l'altercation. L'effet de surprise est perdu et les Alliés doivent composer rapidement. À l'approche de la plage, les péniches de débarquement doivent traverser un écran de fumée, servant à les camoufler lors de l'approche. It was only when you got to the beach and came out of the smoke... that you realised you had landed in Hell. Soldat Jack Poolton.
Sur la plage, les soldats tentent aussi bien que mal d'atteindre un endroit sûr pour se cacher. Le feu allemand pilonne les péniches de débarquement et la première vague de débarquement subi des pertes énormes. La plupart des hommes n'auront même pas le temps de répliquer avant d'être tués ou blessés. Le feu ennemi est tellement nourri que certains soldats du Royal Regiment of Canada refusent carrément de quitter la péniche de débarquement à la vue du sort réservés à leurs amis sur la plage. Les officiers de la Marine les forçeront à prendre part au combat à la pointe de leurs fusils. Dans certaines péniches de débarquement, les hommes sont pilonnés et abattus avant même de sortir, et leurs corps s'empilent sur la porte de la péniche.
"On no other front have I witnessed such carnage. It was brutal and terrible and shocked you almost to insensibility to see the piles of dead and feel the hopelessness of the attack at this point." (Dieppe 1942)
Sous le coup de la peur, certains conducteurs de péniches délaissent leurs soldats dans plusieurs pieds d'eau, forçant souvent les soldats à sauter de la péniche en retraite. Pateaugeant dans l'eau, les hommes doivent rapidement prendre refuge. Les soigneurs n'ont pas le temps de recoudre les blessés que de nouvelles balles atteingnent ces derniers.
0535
le raid dure depuis presque une heure. L'écran de fumée cache encore la bataille et les officiers n'ont aucune idée de ce qui se passe sur les plages de Dieppe. Ne recevant pas le signal convenu pour lancer les troupes de renforcement, certains officiers prennent la décision de lancer les deuxièmes et troisièmes vagues d'assaut. Ces dernières se jetteront dans la gueule du loup, les péniches n'ayant pas encore atteint la plage et la plupart des soldats étant atteints par les tirs ennemis.
"I'll always remember seeing all these dead men lying at the edge of the water. The tide was washing up and going out and the water was bloody red. Bodies were rolling in and out with the tide and the Germans were firing at them all day long because they thought they were alive." (Dieppe 1942)
À la demande des troupes massées sur la plage, les destroyeurs effectuent des tirs en direction des bunkers allemands. Malheureusement, ces tirs atteignent pour la plupart les collines sous lesquelles les soldats prennent rempart, égrennant la roche qui s'affaise sur les soldats. Le massacre de Dieppe suit son court.
Des problèmes de communication feront en sorte qu'aucune nouvelle du massacre n'atteindra le commandement allié avant 0700, avec une demande d'évacuation massive des troupes du secteur Blue. À 0830, ce qui reste du Royal Regiment se rend à l'ennemi.
0605
Devant la ville, les tanks Churchill prennent d'assaut la plage. Cependant, dès que les tanks manoeuvrent pour avancer, les galets de la plage se prennent dans leurs chenillettes et les cassent, laissant les blindés sans défense. Détectés, les tanks seront immobilisés et détruits les uns après les autres par l'artillerie allemande. Les troupes d'infanterie devront procéder sans le support des blindés.
Le peu d'hommes qui réussissent à atteindre la ville doivent réussir à pénétrer malgré les blocs qui bloquent l'entrée de la ville, tout en subissant le feu des tireurs allemands. Le commandement allié reçoit à ce moment le message suivant: "Essex Scottish across the beach and in houses". L'une des pires erreurs militaires de la Seconde guerre sera causée par la réception de ce message optimiste, alors que le commandement allié lançe le régiment de réserve, les Fusiliers Mont-Royal, à l'assaut de Dieppe.
0845
La bataille perdure dans le secteur Green, près de Pourville. Pourtant, les tanks qui devaient supporter les Camerons Highlanders ne sont jamais arrivés, la plupart ayant été débarqués à quelques kilomètres du lieu prévu. Les hommes combattent avec leurs fusils et leurs mitraillettes et sentent que la fin approchent. À 1000, l'ordre d'évacuation est lancé et à 10h50, l'évacuation générale est mise en branle.
1100
Bien que plusieurs ordres d'évacuation aient été donnés auparavant, les péniches n'arrivent pas à approcher de la plage assez pour permettre l'évacuation des soldats et des blessés. Pourtant, le plan initial d'évacuation prévoyait que les bateaux reviendraient chercher les soldats et les tanks. Le peu de flexibilité de ce plan allait certainement contribuer au désastre qui s'ensuivrait.
Les quelques barges ayant atteint la plage repartent non pas remplies de blessés tel que prévu, mais remplie à ras-bord de soldats tentant désespérément de fuir cet enfer. Du haut des falaises, les Allemands tirent sur ces péniches, tuant une bonne part d'hommes et coulant certains bateaux. Certains soldats se lancent à l'eau et tentent de rejoindre les bateaux à la nage, mais plusieurs se noient, épuisés. La marée montante engloutit les blessés restés sur la plage.
Des 6000 soldats participant au raid, seulement 2000 seront évacués vers l'Angleterre. 1900 prisonniers canadiens passeront le reste de la guerre en prison, et 900 canadiens seront tués. Dans l'histoire militaire canadienne, de nombreuses opinions se sont opposées et les critiques furent nombreuses. Était-il vraiment nécessaire d'envoyer les troupes canadiennes à Dieppe? Furent-elles utilisées comme chair à canon? Et dans l'histoire québécoise, le raid de Dieppe a souvent été perçu comme le sacrifice inutile de troupes franco-canadiennes.
Pourtant, à la base du raid de Dieppe se trouvait la planification, mauvaise soit, d'un raid qui allait permettre à la plus grande invasion de l'histoire militaire de prendre part, plus important encore, de réussir. Bien que le coût en vies canadiennes ait été beaucoup trop élevé, on constate qu'il ne s'agissait pas d'actions calculées mais bien d'erreurs. Informations manquantes, planifications trop serrées et n'accordant pas de marge de manoeuvre aux troupes, communications déficientes; tout ces facteurs allaient mener au massacre de Dieppe. Il ne s'agissait pas d'utiliser des troupes coloniales, ni des troupes francophones, ni de sélectionner quelque nation que ce soit pour une mission-suicide. Il s'agissait tout simplement de l'optimisme et de l'aveuglement de quelques officiers alliés envers une mission qui n'aurait jamais dû être entreprise après l'annulation de l'Opération Rutter, un mois auparavant.
Pourtant, ces erreurs nous permirent d'apprendre de valables leçons pour l'invasion de la Forteresse Europe en juin 1944. L'idée de prendre d'assaut les plages de Normandie et non un port vint en tête des Alliés, tout comme la construction du port artificiel d'Arromanches pour remplacer un port qu'il aurait été trop ardu de capturer par nous-mêmes. Les Alliés comprirent aussi qu'une meilleure coordination des troupes était nécessaire, tout comme des méthodes de communication mieux développées, une amélioration des équipements et des techniques d'assaut.
" The Duke of Wellington said the battle of Waterloo was won on the playing fields of Eton. I say that the battle of Normandy was won on the beaches of Dieppe."
Earl Mountbatten of Burma
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13 juin 2007
Dieppe - première partie
À l'entrée en guerre du Canada en septembre 1939, des milliers de jeunes canadiens se portent volontaires. Plus de 60 000 soldats partiront quelques mois plus tard pour l'Angleterre. Au bout de presque trois ans, ce sont près de 200 000 soldats canadiens qui s'entraînent en Angleterre. Comme l'armée canadienne était complètement désuète avant la guerre, constituée de 8000 hommes sous-équipés, il importe d'entraîner les hommes correctement avant de les envoyer au front.
Ces soldats ne prendront pas part à une bataille en Europe avant août 1942. Montgomery ne veut pas envoyer trop de troupes canadiennes dans le nord de l'Afrique, puisqu'il craint l'opinion publique et ne veut pas se faire accuser d'envoyer les troupes "coloniales" en Afrique.
L'hiver de 1941-42 sera le plus éprouvant. Le froid et l'inaction impatiente les hommes. La police de Sussex, où s'entraînent les Canadiens, doit de plus en plus intervenir face au comportement des soldats. Viols, vols, beuveries et comportements violents font partie du quotidien et la réputation des Canadiens fait rapidement le tour du QG allié. Les journaux locaux font état à tous les jours du comportement des Canadiens, ces articles paraissant tristement à côté de ceux faisant état soldats du Sussex blessés, tués ou fait prisonnier au combat. Lord Haw-Haw, un animateur de radio britannique pro-nazi, dira d'ailleurs "if you really want to take Berlin, give each Canadian soldier a motor cycle and a bottle of whiskey; then declare Berlin out of bounds and the Canadians will be there within 48 hours."
Le raid préparé par les Alliés sur Dieppe est donc l'occasion idéale de donner aux Canadiens la chance de prendre part au combat et de se dégourdir les jambes. 6000 hommes prendront part au raid et ses objectifs sont divers et bien identifiés. En vue d'une invasion à plus grande échelle de la Forteresse Europe, les Alliés veulent vérifier si leurs troupes aériennes, navales et terrestres auront une bonne coordination et si l'équipement est au point pour une invasion en bonne et due forme. Ils veulent aussi s'assurer de pouvoir envahir un port fortifié, essentiel au débarquement de renfort, d'équipement, et de nourriture pour la poursuite d'une invasion. Finalement, ils veulent capturer des prisonniers et ramener des documents secrets. Le raid est ainsi planifié pour débuter aux petites heures du matin et pour se terminer dès la capitulation de la ville, avec un retour en Angleterre dans l'après-midi.
Une première opération, "Rutter", est prévue pour juillet 1942 sur Dieppe. Cette opération combinée, alliant les forces terrestres et maritimes et aériennes, sera finalement annulée de par la conjoncture de mauvaises conditions météorologiques et d'un raid de la Luftwaffe atteignant par hasard les troupes devant prendre part à "Rutter" le soir précédent le raid. Quelques jours plus tard, plusieurs informations sont diffusées sur l'opération, par les soldats mais aussi par les journaux qui donneront de nombreux détails sur l'opération, maintenant chose du passé. Ou non?
Effectivement, moins d'une semaine après l'annulation de "Rutter", l'opération "Jubilee" est mise en place, avec exactement le même objectif et les mêmes tactiques. Nombreux sont ceux qui croient que les Allemands ne douteront jamais de la planification d'un deuxième raid sur Dieppe après l'annulation du premier. Les opinions divergent toutefois sur la reconduite du raid dans son entièreté. Effectivement, allemand ou allié, un officier apprenant que son ennemi avait planifié un raid sur ses défenses a tout intérêt à fortifier et augmenter ces mêmes défenses.
Lors de la préparation du raid, les rapports indiquèrent que la ville était peu défendue et que ses plages permettraient le débarquement d'infanterie et de blindés. Il s'avèrera que les informations que détenaient les Alliés sur les défenses allemandes autour de Dieppe étaient incomplètes. Dieppe est une ville encastrée entre d'immenses collines. Sur ces collines se trouvaient des stations radios allemandes et de nombreux bunkers, le tout défendu par une unité d'expérience allemande. Toutes les entrées de la ville étaient bloquées par des blocs de bétons et la distance entre la mer et la ville était d'environ 400 mètres. 400 mètres à parcourir à pied, avec des tirs ennemis nourris en provenance de la ville et des hauteurs avoisinantes. Les Alliés n'avaient finalement pas pris en considération le fait que la plage de Dieppe fait partie d'une centaine de kilomètres de côtes de galets en Normandie. Ces galets forment des monticules irréguliers en plus d'être assez gros pour freiner la marche à pied.
Cherchant à obtenir le support de la marine pour effectuer des tirs sur la côte pendant le raid, les planificateurs essuyèrent un refus qui allait s'avérer très couteux dans l'ordre de bataille. De peur de perdre un précieux cuirassé (battleship) dans une attaque frontale de jour, la Marine refusa de prêter un bâtiment avec une bonne puissance de feu et l'assaut dû être préparé seulement avec des destroyers. D'un autre côté, la possibilité de bombarder la ville avant et pendant l'invasion fut écartée, pour éviter de donner l'alerte.
Le désastre de Dieppe ne serait-il que le résultat d'informations erronées et de décisions mal-éclairées et égoïstes de la part de certains dirigeants ? N'est-il pas facile de juger les décisions alliées avec le recul et d'effectuer un peu de révision historique?
À SUIVRE...
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6 juin 2007, 63 eme anniversaire du débarquement de Normandie
Le 6 juin dernier marquait le 63eme anniversaire du débarquement de Normandie. Ce matin froid et pluvieux de 1944, 14 000 soldats canadiens prenaient d'assaut la Forteresse Europe, scellant à jamais le destin de l'Allemagne nazie. Les normands célèbrent à chaque année leur libération, invitant leurs cousins canadiens à prendre part à ce moment de recueillement et de réflexion. Des cérémonies se sont donc tenues dans les différentes communes avoisinantes pendant quelques jours.
Le 5 juin, j'ai rejoins mon collègue Ben qui prenait part à une cérémonie au Mesnil-Patry. Un féroce affrontement opposant les Hitlerjugend aux Queens's Own Rifles et aux First Hussars y a fait plus de 120 morts le 11 juin 1944 et les habitants du Mesnil-Patry se rappelle ce triste événement avec beaucoup de dévouement. Ben participait donc à cette cérémonie comme canadien-anglais, alors qu'il lisait avec une fillette un texte rappelant la rencontre d'un soldat canadien avec une jeune française libérée. C'était très émouvant et la cérémonie est restée très intimiste, ce que j'ai beaucoup apprécié.
Nous avions la chance d'avoir quelques visiteurs privilégiés pour les célébrations du 6 juin. D'abord Bruce Melancon, l'un des fondateurs du centre et vétéran du Jour-J. Âgé de 86 ans, Bruce était accompagné de sa copine de 50 ans! Mais attention, deux lits dans la chambre d'hôtel. Pour ceux qui l'ont déjà rencontré ou à qui j'en ai déjà parlé, Bruce ressemblait énormément à Monsieur Delisle, le père de Patrice. Bougon, bourru, un peu déplacé mais tout de même sympathique.
Il y a aussi Bill Ross, que nous n'avons pas eu la chance de connaître beaucoup. Par contre, après la cérémonie au Mesnil-Patry, un souper était offert et Ben et moi étions assis avec sa femme, la charmante et sympathique Dorothee. Un autre vétéran, Phil Cockburn, y était aussi avec son fils. Phil est vraiment quelqu'un de super. Il est très humble et émotif à propos de ce qu'il a vécu il y a 63 ans et il avait même de la difficulté à terminer ses phrases lorsqu'il avait des discours à prononcer.
Le dernier invité était Léo Montbourquette, un sympathique franco-ontarien travaillant pour la Police Montée (GRC) à Montréal. Léo a une trentaine d'année et fait le tour de l'Europe en sac à dos pour l'été. Il avait communiqué avec le musée pour offrir de prendre part aux cérémonies. Je ne vous cache pas que l'attrait du suit en a fait craquer plus d'un ou une dans les locaux! Il avait dû envoyer le tout ici par FedEx pour ne pas avoir à traîner son habit dans son sac.
Avant la cérémonie, j'étais avec Phil, son fils et Nathalie et Marie-Josée du CJB, alors que Ben pratiquait pour sa participation. Le maire du Mesnil-Patry, monsieur Alexandre, nous a invité à venir prendre un p'tit cidre de bienvenue. Je pensais à Ben, tout seul avec ses jeunes et je me sentais mal un peu. Puis, j'ai regardé par la fenêtre et j'ai vu notre Police montée, seul au milieu de la Place du Canada. Il tournait un peu en rond, et y'avait un groupe de p'tits vieux et vieilles qui zyeutaient et qui avaient l'air de se demander comment aborder le monsieur-canadien-de-la-Police-Montée. Je suis donc partie le chercher et nous avons tous dégusté des petites biscuits, des cerises et du cidre de Normandie. C'était une belle soirée et on eu beaucoup de plaisir! Ben était quand même content que j'ai été avec lui..
Le lendemain, big day at the JBC. 300 visiteurs étaient attendus pour la cérémonie et le beau temps ne semblait pas trop sûr d'avoir retourné son coupon d'invitation. Le tout s'est très bien passé. Ben et moi avons lu l'Acte du souvenir devant cette foule, avec la CBC qui nous filmait! C'était relativement éreintant comme journée mais on a été récompensé par un souper avec le personnel permanent du centre qui voulait nous remercier du beau déroulement de la journée.
Que de célébrations, que de gens, que d'émotions. J'ai de loin préféré la célébration intimiste du Mesnil-Patry à notre célébration d'envergure, mais à chacun son style et son public.
On a finalement invité Léo a venir souper avec nous le jour de son départ quelques jours plus tard. Après de belles discutions enflammées autour d'une bouteille de vin ou s'entrechoquaient les idées de tous, on lui a dit aurevoir. Léo a une cousine aux Pays-Bas, à La Haye et elle s'est déjà portée volontaire pour me sortir un peu à mon arrivée. Linking is the best part of travelling!
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6 juin 2007
Je me souviens
Avant de venir ici, j'étais, comme la moyenne des québécois, peu touchée par tout ce qui était relié au Jour du souvenir, aux commémorations entourant
J’espérais trouver une explication moins simpliste que de dire que notre attitude n’était qu’une simple opposition au Canada-anglais et au colonialisme britannique. Que ce n’était pas non plus un désintérêt historique et culturel. Que derrière notre attitude se trouvait un réel penchant vers la paix.
Je me souviens
Il y a 63 ans, des milliers d’hommes prenaient d’assaut les plages de Normandie et scellaient le destin de l’Europe nazie. Je n’y étais peut-être pas, mais une chose est certaine, je me souviens.
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30 mai 2007
Les fondateurs
Il y a dix ans, un groupe de vétérans canadiens est revenu en Normandie. Ils avaient participé au débarquement et désiraient faire le tour des villages normands que les Canadiens avaient libérés le matin du 6 juin 1944. Lors de ce voyage, ils se sont aperçus qu'aucun musée n'existait pour rappeler que les Canadiens avaient pris part au débarquement. Pire, aucun musée en Europe était consacré à la participation canadienne à la Seconde guerre mondiale.
Ils sont revenus au Canada bien déçus et ont décidé, à 75 ans, de créer un musée. Initialement, l'idée était d'ériger un petit centre interactif, orienté principalement vers l'éducation des enfants, où les visiteurs auraient pu faire des recherches sur des ordinateurs. Ces vétérans et leurs familles étaient dirigés par un vétéran, Garth Webb, et par sa conjointe, Lise Cooper.
Alors qu'entreprendre une campagne de financement d'une telle ampleur aurait pu mettre des années à se concrétiser, ils ont réussi à amasser 12 millions de dollars canadiens en quelques années. Inauguré en grandes pompes il y a quatre ans, lors du 59eme anniversaire du débarquement de Normandie, le centre est avant tout un lieu d'apprentissage et de commémoration et non un musée sur la guerre. Les enfants l'adore et j'ai même lu hier dans le livre d'Or ce commentaire d'un enfant "I normally hate museums but this one definitely changed my mind."Comme ce sont les vétérans qui sont à l'origine de la création du centre, ce dernier est privé. C'est en fait un organisme à but non-lucratif, géré par un conseil d'administration où siègent Lise, Garth et deux des enfants de Lise. Beaucoup de visiteurs arrivent de Vimy, où c'est gratuit pour les Canadiens puisque c'est le fédéral qui gère le lieu, et ne comprenent pas pourquoi ils ne reçoivent pas une entrée gratuite. Même chose pour les vétérans: les vétérans et veuves de guerre de la Seconde guerre entrent gratuitement, mais les vétérans d'autres guerres ont un tarif réduit, pas la gratuité. On essaie de faire un point d'honneur de mentionner au gens que comme c'est un musée privé, c'est les tarifs d'entrée et les dons qui nous permettent d'exister. Si c'était gratuit pour tout le monde.... Comme moyen de financement, le musée vend des briques bleues: on peut y écrire son nom, ou celui de quelqu'un qui aurait participé à la guerre. (Sur la photo en haut, les briques sont sur les colonnes bleues à gauche de la statue).
La cause est excellente et les moyens d'y parvenir très honorables. Mon employeur n'est pas le fédéral et il ne fait pas de profit de ses activités. Outre l'aspect historique et éducatif, l'intention était aussi d'amener un peu du Canada en sol Normand, et notre présence s'inscrit donc dans cette logique.Garth et Lise étaient en visite il y a deux semaines et ils sont venus passer la soirée à la Maison des guides. Ils ont 86 ans maintenant et sont vigoureux comme jamais. Garth a passé la soirée a faire des blagues et il était heureux comme tout d'apprendre à nous connaître. C'est d'ailleurs lui qui a insisté pour que ce soit des jeunes canadiens qui soient les guides au musée et non pas des français comme dans tous les autres musées. C'était vraiment inspirant pour nous de pouvoir parler avec eux. Cela a, dans mon cas, immortalisé et concretisé ma présence ici.
Le lendemain, une cérémonie spéciale se tenait au CJB. Une école secondaire de la région effectuait un échange scolaire avec une école au Québec et les jeunes avaient acheté deux briques et allaient honorer la mémoire de 2 soldats de leur région. Pour cette journée, tous les guides étaient en poste et les employés permanents avaient prévu un horaire spécial pour ce groupe particulier. Comme Lise et Garth y prenaient part, il était primordial que tout se déroule bien.
Le groupe d'une soixantaine d'élèves arrivent en matinée. Première erreur, le professeur avait insisté pour avoir la présentation de Mario. Mario est un soldat qui s'adresse normalement à des enfants de 10 ans. Ces jeunes avaient 17-18 ans alors imaginez un peu leur tête. Puis, ils vont dans le musée. En 20 minutes, ils ont fait le tour et fume des cigarettes à l'extérieur. ?? Normalement, les groupes scolaires restent minimum une heure à l'intérieur et ça c'est justement lorsqu'ils ont 10 ans. À ce moment, on commence sérieusement à se poser des questions sur l'intérêt que ces jeunes portent au musée. Tout leur voyage était axé sur cette cérémonie de commémoration, et pardonnez l'expression, mais tout le monde au CJB s'était fendu le cul pour que tout se déroule bien.
Je me dis, AH, je vais les rattraper lors de la visite de plage. Je pars donc avec un groupe de 20 filles, moitié française, moitié québécoise. Malheureusement, au bout de cinq minutes, je me dois de constater que je n'ai l'attention que de 3 de ces filles alors que toutes les autres placotent, se regardent les ongles ou ne m'écoutent simplement pas.
Mesdemoiselles, si ce que je dis ne vous intéresse pas, vous pouvez retourner au musée. Par contre, si vous restez ici, je vous demanderai de garder le silence.
Le simple fait d'avoir à dire ça à des jeunes pour qui nous nous sommes donné un trouble immense et qui, de surcroît, devrait être intéressés par la visite de par la cérémonie spéciale organisée pour et par eux me fait voir bleu. Alors que j'aurai pu arrêter après les avoir simplement rabrouées, je ne fais ni une ni deux et me lance dans ce qu'on appelle entre guide le Guilt Speach.
Si ce n'est pas pour moi ou pour vos autres camarades, gardez le silence par respect pour les vétérans qui ont fondé ce centre. C'est un mémorial ici, et en ce moment, non seulement vous insultez les vétérans, mais vous bafouez la mémoire de tous les soldats qui sont décédés à la guerre et en l'honneur de qui ce musée a été construit.
Silence.
Je n'avais jamais eux à faire cette sortie avec un groupe parce que normalement, les gens sont intéressés. Mais j'étais tellement insultée par l'attitude condescendante de ces filles que j'ai continué ma visite en serrant les machoires. Après cinq minutes, elles s'étaient remises à placoter en restant un peu à l'écart, mais comme j'avais l'attention de 4 ou 5 filles de plus, ça me contentait. Les plus irrespectueuses étaient en fait les québécoises alors que la plupart des françaises m'écoutaient. Lorsque nous sommes arrivées sur la plage, il me restait environ 5 minutes de visite à faire. C'est la partie la plus intéressante, celle où on décrit le débarquement. Mais bon, les caméras sont sorties des sacoches et mesdames ont préféré faire une session photo. J'ai coupé court, et je suis revenu à l'intérieur fulminante.
Alors que nous étions en train de partager nos horribles expériences avec ce groupe insupportable, nous avons entendu le professeur québécois invectiver ses étudiants pour leur attitude. Lorsque j'ai quitté la plage, il paraît que les françaises sont tombées sur les québécoises et leur ont passé un savon pour leur attitude détestable. Ce fut mon seul réconfort de la journée. La cérémonie s'est somme toute bien déroulée. Avec chance, Garth et Lise n'ont rien vu de tout cela, mais nous, on rumine encore.
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16 mai 2007
Réflexionons et soyez impliqués!
Conscience: helene, qu'est-ce que c'est que cette réflexion qui se trame en toi? T'en parles sur ton blog, mais je sais pas trop où tu t'en vas avec tes grands sabots..
moi: ben... euh... ben.. j'ai justement dit dans mon post que c'était un PROCESSUS de réflexion. Ce qui implique nécessairement que c'est pas encore à point . Ben désolée mais va falloir que t'attendes comme tout le monde.
Conscience: Attends, j'ai même pas droit, en tant que Conscience, à un petit indice? Tsé, faut que j'me prépare moi là..
moi: j'pense que tu vois ça plus gros que ça l'est. Sincèrement.
Conscience: Non, non, non. Tu peux pas unilatéralement décider de pas me mettre au courant de tes états de CONSCIENCE. Tu vois? Mon nom est là, ça veut dire que j'ai le droit de savoir.
moi: ah! tu commences à me taper sur les nerfs. laisse moi écrire mon blog en paix.
Conscience: Est-ce un questionnement existenciel? Est-ce ton futur en jeu? Ta carrière? NON, pas ton orientation sexuelle?
moi: eille, t'écoute jamais quand j'te parle toi? Il me semble que c'était clair que c'était sur la guerre ma réflexion, non? Toi, des fois..
Conscience: fuuuuu! T'es raide à soir! Pour de vrai, ça m'aide pas vraiment plus.. Tu trouves pas que je mérite de partager ta réflexion sur la guerre? C'est pas comme si j'y étais pas, moi aussi, en normandie à parler de tout ça.
moi: Si tu y tiens tant que ça, j'te propose quelque chose. Je vais te poser une série de questions et tes réponses vont m'aider à cibler mon propre questionnement, pis après j'le partagerai avec toi. Qu'est-ce t'en penses?
Conscience: Ok!
moi:
1) Qu'est-ce que tu sais de la deuxième guerre mondiale? Ce que t'en sais, tu l'as appris de quelle manière?
2) Ton sentiment général face à tout ce qui touche la guerre se situerait à quel niveau? Qu'est-ce qui pourrait la justifier?
3) Qu'est-ce que le Jour du souvenir évoque en toi?
4) Que représente le coquelicot?
5) En quoi consiste notre devoir de mémoire?
EDITo: j'apprécierai vos contributions à ma réflexion. c'était pas juste une conversation Conscience-helene, ça vous concernait aussi :P
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14 mai 2007
Ouistreham
Il s'avère que Ben et moi avons, ce mois-ci, les lundis de congé en commun. Et il s'avère aussi que Ben et moi concevons de la même manière nos congés. Je veux dire que nous sommes allés à Caen la semaine passée et que dans les musées, nous avons le même rythme de croisière et que dans la rue, nous déambulons sans trop nous poser de questions. Un peu comme avec Martin à NY l'été passé. Ce qui implique que ce n'est pas déplaisant de planifier nos jours de congés ensemble!
Bref, nous avions décidé hier d'aller voir le Grand Bunker de Ouistreham aujourd'hui. Ouistreham se trouve à une quinzaine de kilomètres de Courseulles. Un autobus effectue la liaison à partir de Luc-sur-Mer, à mi-chemin. Toutefois, la vie est ainsi faite que notre autobus arrivait à 11h06 et que le transfert partait à 11h00. Et ainsi de suite tout l'après-midi. Nous avons donc quitté avec objectif de transiter par Caen. Une fois à Luc, Ben me propose de sortir et de profiter du soleil. Le plan est de marcher tout en sporadiquement faire du pouce pour finalement arriver à Ouistreham. Ben compte beaucoup sur sa patch CANADA sur son sac pour nous attirer des sympathisants.
Chapitre 1 - La pluieIl fait beau alors on prend la décision d'éviter le détour de 1h30 par Caen et on sort de l'autobus. On marche 5 minutes, le temps d'arriver à la plage et le ciel nous y attend. En 1 minute, la Normandie a eu raison de nous. Piteux, mouillés jusqu'aux os, avec une pluie torrentielle qui s'abat non pas naturellement à la verticale, mais bien à l'horizontale pour bien mouiller l'entièreté de nos personnes.
Chapitre 2 - Le lift
Je répète, piteux et mouillés, nous tendons le pouce d'une manière de plus en plus acharnée, essayant tant bien que mal de sourire pour qu'un gentil automobiliste daigne nous prendre, bien que complètement trempés. Comble de bonheur, deux sympathiques parisiennes nous embarquent. Trouvant qu'on fait tellement pitié, elles feront les quelques kilomètres supplémentaires jusqu'à Ouistreham pour nous laisser devant le Grand Bunker lui-même. Merci mesdames!
Chapitre 3 - C'est pas tous les musées qui sont beaux..
On se fait souvent dire au Centre que c'est le meilleur musée que les gens ont visité, que c'est très beau, etc. etc. Toutefois, on a compris pourquoi aujourd'hui en comparant avec les deux musées de Ouistreham.Le Grand Bunker était occupé par les Allemands et abritait tout un arsenal militaire, mais aussi de télécommunication. La cinquantaine d'Allemands qui y travaillaient, conscient qu'ils étaient prisonniers de leur propre forteresse, n'ont pas pris part à la bataille lors de la capture de Ouistreham. Ils ont continué à donner des directions radio pour les tirs anti-aériens et navaux mais n'ont pas ouvert le feu directement. Lorsque les alliés ont pénétré dans le Bunker, les Allemands se sont tous rendus, sans résister.
Le musée est organisé comme à l'époque, mais il commence à prendre de l'âge, les artefacts n'étant pas clairement identifiés et certains descriptifs étaient dactylographiés.... Ce qui a par contre été le plus troublant pour nous furent nos amis les mannequins. À droite, le meilleur exemple que nous ayons trouvé dans ce musée aux horreurs faciales.
Nous avons ensuite visité le Musée No 4 Commando dédié aux commandos envoyés derrière les lignes ennemies. Encore une fois, un musée trop vieux, mal organisé et sans trop d'ordre logique. C'est pas parce qu'on a des artefacts qu'il faut les pitcher un peu partout..
Notre constat à Ben et moi, le Centre Juno Beach mérite sa réputation. C'est un musée récent, plaisant, bien organisé, avec beaucoup d'articles interactifs, sonores et visuels, avec des artefacts suffisants et bien disposés, et surtout, des guides canadiens cutes, sympa et bilingues :)
Chapitre 4 - Retour à Caen
De retour à Caen, nous trouvons pour une deuxième fois consécutive un de ces jouets pour enfant que nous nous faisons un plaisir de tester. Il est 15h00 et nous avons deux objectifs: manger et prendre une bière. Il semble par contre que la possibilité d'offrir nourriture ET boisson soit difficilement concevable dans ce coin de pays. Nous marchons pendant près d'une heure, avec un objectif limité à ce stade de notre aventure. Notre ventre crie, notre portefeuille se plaint, et nous tentons de trouver un resto cheap.
Et Ben d'offrir ce que je n'aurais jamais osé demander: What about McDonald's?
Et oui. Et sans surprise, comme toujours, ça goûte la même chose et tu te sens tellement pas plus heureux après avoir engloutit le tout...
À ce moment de la journée, nous n'avons toujours pas réglé notre désir de boire une bière alors nous nous dirigeons vers notre arrêt d'autobus, pour ensuite biffurquer vers le port. Notre choix s'arrête sur un endroit qui avait plus tôt arrêté notre regard. Le bar se nomme Les Caves Thorel et l'aspect cave est bien présent, avec des murs en vieilles briques et des immenses tonneaux de bières. La serveuse doit bien avoir soixante-dix-douze ans mais elle s'évertue avec énormément de grâce à amener nos bières sans en renverser.
Avec un accent comme ça, vous êtes canadiens c'est sûr. Vous savez, à chaque fois que j'entends cet accent, ça me rappelle ma grand-mère. Ma grand-mère parlait le patois normand, avec un accent comme le vôtre, et elle parlait français comme moi et ma mère, mais toujours avec son accent. Ma mère n'aimait pas le patois alors elle s'est évertuée de perdre cet accent qui est le vôtre. Moi, je n'ai pas vraiment choisi vous savez. Cet accent-là n'allait qu'avec les aînés lorsque j'étais plus jeune!
C'est comme la première fois que les Canadiens nous ont libérés. J'avais quinze ans, alors je m'en souviens! Ça faisait 4 ans qu'on nous bombardait, 4 ans à avoir faim, la nourriture était rationnée vous savez! À Caen, quatre-vingt pour cent de la ville avait été détruite par les bombardements. Et les Allemands, ce n'étaient pas tous des anges. Plusieurs ont quitté la ville dès le début de l'invasion, mais ceux qui restaient, c'était des vrais, des durs de durs. À un moment, ils tiraient sur tout ce qui bougeait dans la ville: canadiens, anglais ou civils. Oh, mais vous savez, je n'avais que quinze ans à cette époque. Ma mère avait peur, mais moi j'avais l'insouciance de mon âge. Non, je n'ai pas eu peur.
Quand les Canadiens sont arrivés, nous avons été très heureux d'entendre le français de nos grand-parents dans la bouche de ces proches cousins. Parce que, vous savez, nous sommes cousins deux fois. D'abord par la nouvelle-france, puis par le débarquement. Quand les Canadiens-français sont débarqués à Caen, à la fin août 44, ils nous ont donné du chocolat! Ça faisait des mois que tout était rationné alors vous imaginez le beau présent que cela était!
Je vous jure que ça a été la bière la plus historique de ma vie. Madame Thorel m'a laissé prendre ses soixante-dix-huit années en photo et nous lui avons promis de revenir lui rendre visite cet été. Elle travaille les samedis après-midi et les lundis pour donner des congés à son fils, qui a pris en charge le bar familial. La bâtisse a été reconstruite après la guerre et Les Caves Thorel servent depuis les années cinquante.
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13 mai 2007
Les frères Rousseau
31 mars
j'ai reçu un courriel de normandie aujourd'hui. ce n'est pas comme si je ne m'y était pas attendu, mais mes devoirs sont arrivés. mon premier exercice consiste à trouver un soldat canadien tombé au combat et enterré dans un des deux cimetières près de Courseulles-sur-mer. j'ai donc 1) à trouver un soldat 2) à réussir à fouiller son passé pour obtenir toute sorte de factoïdes 3) à tenter de trouver de sa famille disponible pour une tite jasette 4) préparer une présentation de 5 minutes.
j'ai donc passé la matinée à farfouiner sur le net pour trouver un canadien-français tombé en normandie. je me suis arrêtée sur le lieutenant Philippe Rousseau, originaire de Montmagny, un parachutiste décédé le 6 juin 1944, soit dans la nuit du débarquement de Normandie. Son frère Maurice est décédé 3 mois plus tard en normandie aussi, et ils sont enterrés l'un à côté de l'autre au cimetière de Ranville. En écrivant au Régiment de parachutistes canadiens, j'ai été mise en contact avec Jan de Vries, un vétéran ayant appartenu au 1er bataillon de parachutistes canadien.
5 avril
M. De vries me répond mais n'a que très peu d'information sur les frères Rousseau, ne les ayant pas lui même connu. Il me réfère à monsieur Andrew Roy, un autre vétéran qui a été en contact avec trois frères et soeurs des Rousseau il y a trois ans.
7 avril
J'appelle Monsieur Roy. Il me dit d'abord que la famille Rousseau n'était pas intéressée à partager l'histoire de leurs frères lorsqu'il les a rencontré. Ils sont assez âgés et sont - selon lui - des gens assez bourgeois de la haute ville de Québec. Il me déconseille fortement de prendre contact avec eux, ce qui limite mes chances d'avoir des informations supplémentaires pour ma biographie. Il me réfère tout de même à un français, monsieur Alain Sillas.
Alors qu'il déposait des drapeaux canadiens sur les tombes des frères Rousseau au cimetière de Ranville en 2004, un homme, monsieur Sillas, lui a demandé s'il les connaissait. Il a donc répondu avoir servi avec eux pendant la guerre. Monsieur Sillas lui a donc raconté être en train d'écrire un livre avec quelques chapitres sur les frères Rousseau. Le père de sa femme avait servit avec Maurice dans les Special Air Service britanniques, des commandos de parachutistes sur-entraînés avec les missions les plus périlleuses de toute l'armée. Maurice Rousseau était mort en permettant à son beau-père et à 2 autres hommes de s'échapper, et monsieur Sillas voulait rendre hommage à tous ces Canadiens qui étaient venus se battre en Europe et qui y avaient laissé la vie.
J'ai donc pris contact avec monsieur Sillas qui m'a cordiallement et sympathiquement invité à lui rendre visite lors de mon séjour à Paris. Entretemps, j'ai visité
24 avril
Arrivée à Paris depuis 24 heures, je me rends en banlieue pour rencontrer Monsieur Sillas. Je vous ai déjà montré des photos de son appartement et de sa collection, mais je me dois de réitérer que c'était très impressionant que de voir quelqu'un d'aussi passionné. Il avait même prit congé la journée où je suis allée le visiter. J'ai dîné avec lui et sa femme Marie-Hélène et il a partagé avec moi tous ce qu'il savait des frères Rousseau. Ils devraient d'ailleurs me rendre visite cet été, ce qui devrait s'avérer très plaisant!
29 avril
Pendant notre arrêt au cimetière de Ranville lors de la formation, je fais mon petit exposé de cinq minutes. En fait, je crois que ça a peut-être duré un peu plus puisque je trouvais important de parler de Philippe, mais aussi de Maurice puisque leurs histoires vont de pair. Voici donc le récit de Philippe Rousseau:
Lieutenant Philippe Rousseau
Décédé à Gonneville-sur-Mer, Calvados, France
Philippe Rousseau intègre le Régiment de
Durant l’hiver 1944, il succède à son frère Maurice comme officier de la section 4 de la compagnie B. Il ne parle alors que peu l’anglais mais apprend très rapidement. Il parlera toujours dans des élans passionnés que ses hommes n’oublieront jamais.
Maurice s’est quant à lui engagé dans le SAS, le Special Air Service, abandonnant son grade de capitaine pour redevenir lieutenant. « He was eager to come to grips with the enemy and had no way of knowing when D-Day would be. » (A Rising of courage) Le SAS est une unité de parachutistes britanniques faisant partie de commandos spéciaux. Leurs missions sont toujours périeuses et consistent à effectuer du sabotage, à voler les banques pour fournir de l'argent allemand aux alliés ou encore à attaquer des convois, le tout derrière les lignes ennemies et coupé de tout renfort. Les SAS nuisent tellement aux Allemands qu'Hitler a ordonné que tout membre du SAS fait prisonnier soit immédiatement abattu.
L’invasion
Les troupes aéroportées prennent place à bord des avions pour la traversée de
Alors que ses hommes tentaient aussi bien que mal de se regrouper, le lieutenant Rousseau menait à bien la mission secrète qui lui avait été confiée, tout comme à deux autres hommes, l’ordonnance James George Broadfoot et le Caporal Boyd Anderson. Le caporal Anderson explique ainsi leur mission:
Lt Rousseau explained that some ten miles or so from our drop zone was the town of Dozule, which our intelligence people did not know very much about. It was located on a main highway going to Caen. The name of the mayor of Dozule was also Rousseau, the same name as my officer. It was thought that the mayor was friendly to our cause. The plan was for Lt Rousseau, the batman Broadfoot, and me to meet in the drop zone with all haste. We were to ignore whatever trouble was going on and to proceed immediately by whatever means we could to Dozule and locate Mayor Rousseau and strike up a conversation with him with the hope of establishing a relationship and find out the numbers and disposition of the German troops in the area. Lt Rousseau was very excited about this assignment and of course I was pleased to have been selected for this dangerous but unusual task and, like Lt Rousseau, I was all gung ho to get at the job. Little did I know that Lt Rousseau would be killed in the early daylight hours of the first day and that Broadfoot would be shot to death in the ditch the next afternoon just a few feet from were I was located behind a hedgerow. (Boys of the cloud)
Ayant sauté en dernier de l’avion, le lieutenant Rousseau ne trouva que quatre de ses hommes, et il n’arriva à retrouver ni le soldat Broadfoot, ni le caporal Anderson. Il se dirigea immédiatement vers la maison la plus proche pour prendre des repères, et il s’aperçut en parlant avec ses habitants qu’il avait été parachuté à plus de vingt kilomètres à l’est de son objectif.
Cela ne le démina pourtant pas puisqu’il avait été parachuté plus près de son objectif que prévu. Le lieutenant pris alors immédiatement la direction de Dozulé pour remplir sa mission accompagné des soldats rencontrés.
Deux heures plus tard, les cinq hommes furent pris dans un feu croisé avec des soldats allemands et le lieutenant Rousseau et le soldat Oxtoby périrent sur le coup. « Il est très possible que si le lieutenant Rousseau avait pris sa place dans le rang comme l’aurait fait tout autre officier, il n’eut pas été tué, mais comme d’habitude, il prenait soin de ses hommes avant tout et marchait à la tête de la petite troupe » raconte le soldat Irwin Willsey. Les balles atteignirent les grenades à phosphore que portait le lieutenant Rousseau à sa ceinture et celles-ci s’enflammèrent. Toutefois, les opinions divergent à savoir s’ils périrent des brulures ou des tirs ennemis. Deux des soldats les accompagnants réussirent à s’en tirer indemnes, alors que le troisième fut blessé et fait prisonnier peu après.
« Le lieutenant Rousseau était, je le répète un vrai soldat, un homme d’honneur, discipliné et je suis convaincu qu’il fit le maximum pour mener à bien sa mission sur Dozulé. S’il n’avait pas eu cet ordre, il serait resté dans les parages dans le but de retrouver le reste du groupe. » Caporal Anderson (Gonneville-sur-Mer 1939-1944)
Maurice, le frère de Philippe, n’apprit que le 19 septembre 1944 la mort de son frère survenue lors du débarquement. Ce dernier n’avait finalement passé que 2 heures en sol français. L’ironie du sort voulait que Maurice trouve la mort le lendemain, 20 septembre, sauvant 3 de ses hommes en affrontant seul une cinquantaine d’allemands. Les deux frères sont enterrés l’un à côté de l’autre au cimetière militaire de Ranville en Normandie.
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2 mai 2007
CJB- La formation
Je suis maintenant en Normandie depuis une semaine et demie. Le temps passe très vite et c'est assez surprenant. Disons qu'avec la formation des guides au Centre Juno Beach (CJB), nous avons été très occupés et qu'avec des journées de 10-12 heures, nous n'avions pas trop le temps de nous ennuyer. Je vais essayer de vous conter mes premières journées ici, bien que nous avons vu tellement de trucs que c'est assez dur de tout vous résumer.
Jour 1 - CJB
Nous recevons une introduction au fonctionnement du centre. Le centre est privé, financé quasi uniquement par des donations et quatre employées permanentes travaillent à l'année ici, en Normandie, pour faire fonctionner le tout.
Notre rôle à nous, et bien c'est tout le reste. Monter les 15 drapeaux des pays ayant pris part au débarquement le matin (yak, les cacas de mouettes!), accueillir bilinguement les visiteurs dans le hall, s'occuper de la boutique, diriger les visiteurs, leur faire une introduction à la visite, accueillir les groupes scolaires et faire les visites de plages.
Nous découvrons le centre en tant que visiteur, faisons le tour de l'exposition et une visite de plage privée.
Jour 2 - visite du secteur Canadien JUNO
Avant la construction du centre, aucun monument commémoratif d'envergure n'était présent dans la région pour rappeler la participation canadienne au débarquement.
On trouve tout de même des stèles, des plaques et de petites pierres disséminées à travers les villages avoisinants pour remercier les canadiens pour la libération. Lors de cette première journée terrain, nous avons fait le tour de ces endroits.
La photo à droite vous donne une idée du type de terrain que les canadiens ont du parcourir pendant la bataille. Pour réussir à percer, les canadiens devaient traverser des champs très plats et les allemands, pas cons, avaient établis leurs positions d'abord dans les villages, puis sur le renflement que vous voyez au loin. Ils n'avaient qu'à abattre les soldats qui essayaient de traverses les champs. La petite bâtisse est en fait une station de lave-linge. Les canadiens s'y sont cachés et ont organisé l'offensive à partir de cet endroit, qui était le seul leur offrant une protection. On trouve sur cette station deux plaques commémoratives remerciant les Royal Winnipeg Rifles.Ensuite, arrêt à Courseulles pour voir le DD Tank. Il s'agit d'un tank qui avait été modifié pour être amphibie. Il devait réussir à être largué au large et à atteindre la côte en même temps que l'infanterie. Celui-ci a coulé, tout comme les 33 autres sur un total de 40. La technologie n'était pas très au point...
Nous nous dirigeons ensuite vers Bernières-sur-Mer, mais vous connaissez déjà cette histoire.Saint-Aubin-sur-Mer nous attend
ensuite, là où est débarqué le North Shore du Nouveau-Brunswick. En débarquant, les nouveaux-brunswickais se sont trouvés sous le feu de ce méchant ami qui je crois, est un 50 mm.
Nous nous rendons ensuite au cimetière canadien de Bény-sur-Mer à Reviers, et trois de mes collègues nous présentent la biographie du soldat décédé au combat qu'ils ont choisis.
Nous enchaînons ensuite vers Villons-les-Buissons, Hell's Corner, Buron et Saint-Contest. À Saint-Contest, 37 canadiens ont été executés par les allemands. Les corps de 5 d'entre eux ont même été laissés sur la route et des tanks leurs ont roulés dessus une journée durant sans que les habitants puissent intervenir. Un mémorial leur est dédié à cet endroit. Cette histoire n'est bien sûr pas sans rappeler celle de l'Abbaye d'Ardenne que je vous ai conté il y a quelques jours. C'est bien sûr notre prochain arrêt et nous passons près de deux heures avec M. Vico qui, pour ses quatre-vingt quelques années, est dans une forme surprenante ce jour-là!
Jour 3 - Visite des secteurs britanniques SWORD et GOLD, et visite du secteur américain OMAHA
Notre journée commence avec la visite du cimetière de Ranville, où mon soldat est enterré. Je fais donc ma petite présentation, sur laquelle je reviendrai plus tard comme ce billet commence déjà à être fastidieux!
Prochaine étape, Pegasus Bridge. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, 600 canadiens sont parachutés près de Varaville pour prendre contrôle de certaines routes et certains ponts clés pour l'invasion, et pour ensuite contrer les renforts allemands arrivant de l'Est. Des avions planeurs seront aussi utilisés par les britanniques pour atteindre les mêmes visées. Le musée rappelle cette histoire. Il est construit à côté du premier pont à avoir été saisi par les troupes aéroportées alliées: il a été capturé en quelques minutes seulement. Il importait de faire aussi vite puisque les allemands avaient positionnés des charges explosives sur le pont, sachant qu'il était primordial advenant une invasion pour permettre le transport de troupes et d'armements à l'intérieur des terres.
Arromanches est notre prochain arrêt. Les alliés y ont installé un port artificiel, constitué de bloc de bétons tel que celui que vous voyez sur la photo. 15 bateaux avaient été coulés au large pour venir briser les vagues puissantes de la Manche et créer une baie artificielle. Malheureusement, la journée était brumeuse et nous n'avons pu qu'entre-apercevoir les blocs de bétons au loin. Sur la photo, on aperçoit un caisson et au loin, à gauche, trois caissons supplémentaires.Un arrêt digne de mention pour quiconcque vient faire un tour dans la région est la batterie côtière allemande de Longue-sur-Mer. Il s'agit de quatre bunkers abritrant chacun un canon de 150mm orienté vers la mer. De nombreux édifices en béton faisait partie de cette batterie côtière et tiennent encore debout sur le terrain avoisinant. Alors, sur la photo, vous pouvez voir Helene K au bout du canon, Mélanie-Ève, moi, Benjamin et Philippe.
Après cela, le cimetière américain de Colleville-sur-Mer nous attend. Nous nous rendons ensuite à la Pointe-du-Hoc, un autre lieu qui mérite le détour. Les allemands avaient établis à la Pointe-du-Hoc une position abritant des canons et bunkers, tout comme un poste d'observation. On peut voir les vestiges des bunkers, des tourelles de tirs, mais aussi des bombardements alliés effectués pendant l'invasion. C'était assez prenant et impressionnant comme visite... l'endroit lui-même est un champ de plusieurs centaines de mètres de large...
Nous avons terminé cette journée par une visite au cimetière allemand de Lacombe. Je reviendrai plus tard sur les cimetières parce que les photos valent la peine d'être montrées... chaque cimetière de guerre dégage un sentiment qui lui est propre...
Jour 4 - CJB
De retour au centre, nous devons maintenant faire la démonstration de notre maîtrise des textes de visites. Ça a l'air plutôt facile comme ça, mais nous avons eu 4 textes à apprendre, en anglais et en français. Le plus ardu fut évidemment celui de la visite de plage. Le CJB est le seul musée sur le débarquement à offrir des visites de plages, c'est notre spécialité! J'étais beaucoup plus embêtée par ce dernier que par les autres puisque le texte de visite de plage avait à lui seul 11 pages et que la visite dure 45 minutes! J'ai donc décidé de l'apprendre en anglais uniquement pour conditionner ma mémoire aux termes militaires en anglais. Les autres textes à apprendre n'étaient que des versions abrégées de celui-ci, donc les autres ne m'inquiétaient pas trop.
Tout s'est bien passé, et hier j'ai fait deux visites de plages toute seule! C'était plutôt facile, avec un couple le matin et avec une famille de trois l'après-midi. C'est moi qui fait les visites cette semaine alors je pourrai me pratiquer beaucoup dans les jours à venir. C'est décidément la partie la plus plaisante de notre travail puisqu'on a un contact particulier avec le visiteur..
C'est ce qui fait le tour pour notre formation. Ça a été une première semaine très chargée, mais très intéressante aussi. Il nous reste beaucoup de lectures à faire, mais nous commençons tous à bien maîtriser notre contenu. Voilà!
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29 avr. 2007
La maison des Hoffer
La famille Hoffer a acheté une maison à Bernières-sur-Mer en 1933. Ils se font expulser dès l'arrivée des Allemands et la maison, située directement sur la plage, servira de quartier-général et hébergera 1 officier et 6 soldats.
Lors du débarquement, les Queen's Own Rifle ont comme objectif d'atteindre cette maison, la seule encore intacte. Les marins s'enlignent donc sur la maison, et les conducteurs manoeuvrant les péniches de débarquement suivront donc ce point d'orientation indiqué sur leur carte.
L'officier allemand, sentant que l'invasion était sur le point d'arriver, quitte cinq jours avant le débarquement. Bien que recevant une forte opposition, les soldats du Queen's Own réussiront rapidement à libérer la maison. Un soldat allemand sera même trouvé endormi au sous-sol, inconscient de l'invasion prenant son court.
Nous avons eu la chance de rencontrer hier la famille Hoffer. Après la guerre, ils sont revenus habiter leur maison et ils ont ouverts leur porte à quiconque souhaite visiter la maison. Le père à légué la maison à son fils, qui la léguera ensuite au sien puisque ce dernier s'est aussi engagé à perpétuer la tradition. Pour le 50ieme anniversaire du débarquement, quelques centaines de vétérans du Queen's own sont revenus visiter la première maison qu'ils ont libérés avec beaucoup d'émotions.Les Hoffer nous ont gentiment raconté l'histoire de la maison, en plus de nous montrer des photos de collection et de nous conter quelques anecdotes. À chaque arrivée de guides du centre (trois fois par année), ceux-ci les accueillent et répètent leur histoire avec beaucoup de plaisir.
La maison est séparée en deux et les Hoffer habitent la partie gauche de la maison. Tristement, les habitants de droite (des parisiens) gardent toujours les volets fermés et ne collaborent à aucun événement historique commémoratif.
scribouillé par
helene..
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