Aujourd'hui, ça va mieux qu'hier. Mais hier, ça allait pire que les trois autres journées. Greg est parti, je ne peux plus me confier à quelqu'un qui comprend (linguistiquement et émotionellement). Ça fait partie des choses qui m'ont frappées hier et qui a pas aidé à ce que je me sente comme une merde toute la journée.
8 jours à faire. Pu d'argent, pu d'école, et une gang de braillards autour de moi. Voilà amplement de raisons de vouloir foutre le camp d'ici pour quelques jours. Ma grosse emmerde dans tout cela, c'est que ces aurevoirs sont un gros déjà-vu pour moi. J'ai déjà fait la braillarde il y a 6 ans, et je sais maintenant que les gens importants que j'ai rencontrés dans cet échange, je vais les revoir sans problème. Épargnez moi les larmes et l'amitié exacerbée et hypocrite. Si tu m'as parlé trois fois en 5 mois, si tu ne sais pas mon nom, ou si tu ne connais rien de ma vie personnelle, je ne pense pas vraiment que je vais te manquer, non?
Le sentiment terrible accompagnant la fin d'un échange est bien compréhensible, mais je ne veux pas y être incluse cette fois-ci. C'est pas une fin, c'est jamais une fin, c'est toujours le début de quelque chose d'autre. Mais il faut l'avoir déjà vécu pour savoir ça.
Dans cet élan de sortez-moi-d'ici, j'ai, au cours des derniers 24 heures:
- essayé en vain de changer mon billet de retour (pu de place)
- magasiné sans résultats des billets pour la Croatie et la Bosnie (trop cher)
- communiqué à droite et à gauche pour recevoir des conseils de voyages (merci à Marie et Martine, Charlie et Chelsey)
- magasiné les tout-inclus en Espagne, au Portugal, au Maroc, en Turquie et en Egypte (oui, oui, j'ai besoin de vraies vacances plages)
- presque acheté un billet pour 4 jours en tout-inclus pour l'Egypte avant de me rendre compte que je ne comprenais rien aux conditions d'achat puisque j'étais sur Expedia.NL, en néerlandais
- pensé aller voir François à Minsk (billet hors de prix)
- voulu aller visiter Christoph à Hannovre (il est en examen pauvre chou)
Donc, je disais qu'il y a des choses pas drôles dans la vie, et je suis là-dedans en ce moment. Le pire, c'est la psychologie à 5 cennes, un peu comme celle qu'on sort à quelqu'un qui vient de se faire laisser. C'est toujours amer de se faire dire des conseils faciles quand on les a déjà considéré et analysé. Aussi, mon préféré jusqu'à présent reste celui d'un de mes amis: la bouffe pis le c...l pour se changer les idées!
12 janv. 2008
236eme journée
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11 janv. 2008
que pase el tiempo
ya. ya quiero estar en casa. ya estoy harta aqui. nada es verdad y al mismo tiempo todo lo es. yo deberia estar approvechando, pero ya. ya no lo logro. encuentro muy dificil hablar de esto. la gente no quiere saber que no estoy bien, que estoy tirada y molestada.
estoy esperando a que pase el tiempo, tratando de olvidar este corazon mio y esta cabeza mia que complican todo lo que no deberia ser.
Nunca hubiera pensado que fuera tan dificil esta vez..
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6 janv. 2008
Fin de vacances
Mes deux supers belles semaines de vacances etant quasi terminees, j'anticipe amerement le retour vers ma petite chambre de residence neerlandaise dans deux jours. Me semble que je voudrais deja etre revenue au Quebec...
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23 déc. 2007
Cher Père Noël
Cette année, j'ai été plutôt sage. Aussi, je ne t'en demanderais pas trop.
Je pense que tu dois savoir que cette année m'a beaucoup éprouvé du côté sentimental, et s'il y a une chose que tu peux me donner et qui ne te coûtera pas trop cher, c'est bien mon cadeau. Vois-tu, j'aimerais bien recevoir une cargaison d'amour. On va faire ça simple, tu peux me le donner sous toutes les formes qui te chantent. Un calin amical, un brin d'amour filial, un bisou tendre de grand-maman, une caresse amoureuse, tant que c'est de l'amour, ça va faire la job.
Je sais que t'as été pas mal prévoyant cette année et je t'en remercie à l'avance. Je savais qu'on se comprendrait..
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20 déc. 2007
il y a 8 mois
Il y a 8 mois, bon nombre d'entre vous étiez là pour boire une dernière bière avant mon grand départ. Je ne vous ai jamais dûment remercié pour votre présence alors je le fais maintenant.
À chaque fois que je pense à cette fameuse soirée mouvementée et entrecoupée d'heureuses rencontres, ça me rappelle comment j'ai hâte de revenir pour pouvoir vous revoir... parce que huit mois, ça sait se faire long longtemps!
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26 nov. 2007
Ça sent rien
Noël s'en vient, mais ça ne sent pas Noël.
La pologne sentait le temps des fêtes, avec les feux de foyers, l'odeur de bacon et de viande sur le grill, la neige qui crisse sous les pieds, les narines et les mains qui gèle...
Mais les Pays-Bas, c'est... un peu trop irréel pour que je me sente vraiment à l'approche du temps des fêtes. Il fait gris, pas trop froid, et parfois embrumé. C'est tout. Ils ont bien sortis les décorations dans les magasins, mais ça ne sent même pas le sapin.
Noël. C'est toujours la partie la plus difficile d'un long voyage. Déja qu'à mon anniversaire j'étais plutôt nostalgique, surtout après le téléphone de mes 8 amis saouls en matinée. Mais Noël... on dirait que je m'attaque à un gros morceau de mon échange. C'est là où on voit les amis et la famille, où on mange de la bonne bouffe, où on boit et on passe un bon moment avec ceux qu'on aime.
Et pourtant, après Noël, il reste quelques semaines seulement! En fait, il reste 50 jours seulement avant mon retour, alors la question n'est absolument pas que ça ne passe pas vite. Pour ça, c'est sûr que je vois les jours défiler et je ne m'inquiète aucunement du fait que demain matin, je vais être de retour à Montréal.
C'est simplement que maintenant, très précisément maintenant, je me rends compte que j'ai vieillie depuis mon voyage de découverte et d'insouciance du Panama. J'ai vieillie depuis ce voyage où je suis partie l'esprit et le coeur libre pour mettre toute mes énergies à construire Helene. Maintenant que je suis Helene, je sais où sont mes racines et elles ne sont pas de ce côté ci de l'océan.
En attendant, je vais essayer de trouver une belle branche de sapin pour odorer ma chambre de ma nostalgie des fêtes et me faire sourire, la tête pleine de bons moments passés, présents et futurs.
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14 nov. 2007
réconfort culinaire
à partager depuis 12 ans notre vie familiale avec le copain de ma mère, nos habitudes alimentaires communes sont maintenant bien établies et nous avons rapidement adopté les meilleures recettes qui venaient avec ce beau-père. Un de nos classiques est maintenant le spaghetti-rosbeef: alors que la plupart des gens mangent un rosbeef avec patates et carottes, la famille de Patrice prépare une sauce au tomates longuement mijotée. Aussi, lorsqu'il était petit, Patrice était-il convaincu que tous le monde mangeait son rosbeef avec du spaghetti!Jusqu'à ce que le petit four de comptoir de François me sauve la vie cette semaine, ça faisait 7 mois que je salivais en pensant au spaghetti-rosbeef qui m'attendrais le jour de mon retour. Effectivement, une des choses que je trouve très difficile à l'étranger, c'est de ne pas pouvoir manger ces petites choses si familières à mes sens!
Et bien nous avons improvisé un spaghetti-rosbeef, sans rosbeef! Je n'avais effectivement trouvé que des gros steaks, mais qu'à cela n'y tienne, on a badigeonné ça de moutarde de dijon, fourré ça d'ail et hop au p'tit four! Comme le dit petit four n'était pas fait pour héberger aussi lourd de viande, ça a juté partout et c'était parfaitement salaud à la fin de la cuisson...
Les amis qui m'accompagnaient dans mon périple culinaire avaient été sélectionnés sur le volet pour leur compréhension de mon drôle de besoin de bouffe locale bizarre. C'est les mêmes qui avaient eu droit à une poutine importée par Pascal. C'est aussi toujours une occasion pour nous de déconner un max en français !! De droite à gauche, François de st-hyahya, Greg de St-Pascal de Kamouraska et Laurence, montréalaise du Vermont!
C'est fou comme nos papilles sont capables de rassasier nos sentiments. J'aime bien manger mes émotions!
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9 nov. 2007
Petit public inquiet, rassure-toi
là, public, on va clarifier quelque chose. C'est pas parce que je n'ai jamais donné suite à mon post de je-file-un-peu-croche que je suis encore dans cet état! Alors des messages qui disent: fais-toi en pas, ça va passer, j'en veux pu!
c'est là qu'on détecte les faiblesses de la technologie du world wide web. Je suis là, mais je n'y suis pas. Je partage, mais je cache et je camoufle aussi. Mon éditorialisme peut mener à votre incompréhension et je m'en excuse. Mais en même temps, ça nous laissera des trucs à jaser à mon retour: des petites impressions que mon blog vous aura donné, ou encore des révélations que vous souhaiterez m'entendre faire, ou des détails qui vous auront échappés, et tout le reste qui ne sera pas écrit. Déjà que vous avez des méchants gros bouts de mon voyage, je vois venir les conversations où je vais commencer à raconter une histoire de voyage et où tout le monde la connaîtra...
Je m'égare. Je ne vous ai jamais fait de suivi de mon état pour la simple raison que je ne ressentais pas le besoin de le faire. Mon arrivée à La Haye sonnait le milieu de mon voyage, le moment exact où on s'aperçoit qu'il en reste aussi longtemps à couvrir que ce qu'on vient de faire. Un peu comme au milieu d'un marathon, quand on est déjà pu capable et qu'il faut continuer. Je suis donc allée voir mes jolis mNm à Liège et ils ont bien pris soin de moi.
Pendant encore une semaine, je filais croche et je m'ennuyais. Mais ce serait mal me connaître que de penser que j'aime me morfondre! Je savais parfaitement que c'était une petite phase et que le temps allait me jouer des tours par la suite. Et effectivement! Après, c'était ma fête. Puis je suis retournée en Belgique. Puis l'école s'est installée dans ma routine avec ses travaux. Puis Pascal est arrivé et on a joyeusement visité l'Irlande et l'Espagne. Puis ce fut l'Italie avec Martine.
Je n'ai pas eu le temps de penser beaucoup, et me voilà à deux mois de mon départ. Et ce n'est pas fini puisque ces deux mois seront remplis à quart de tour. Effectivement, fidèle à moi-même, j'ai ressorti mon agenda et j'ai planifié tout ce que je pouvais. Aussi, mes dernières semaines européennes s'enlignent-elles ainsi [juste pour vous faire baver un peu]:
15 au 20 novembre: Pologne
fin novembre: visite de Marie-Christine!
14 au 16 décembre: Londres
Noël: Suisse avec la famille de Michèle, mon amie suisse du Panama
Jour de l'An: Autriche avec Peter et Anja
Début janvier: Prague ?
12 au 19 janvier [erreur dans l'achat de mes billets d'avion = 1 semaine lousse]: pays de l'Est, probablement Bulgarie, Roumanie et Hongrie.
20 janvier: Montréal!Alors si vous voulez qu'on parle de mon état psychologique, je vous répondrais que je ne comprends pas pourquoi! Dans tout séjour d'une longueur respectable (plus de six mois) comme celui que j'ai entrepris en avril, il y a des hauts, et il y a des bas. En ce moment, je suis sur le haut et je profite de tout ce que l'Europe a à m'offrir, surtout comme je ne risque pas d'y revenir avant quelques années.
Alors public, je te sens rassuré, je t'anticipe avec un brin d'envie, et t'espère que tu auras de la jasette après-voyage en réserve pour moi, pour tout ce que je ne t'aurai pas raconté dans l'espace internaute!
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28 sept. 2007
Les voyages se suivent...
Je partage avec vous un brouillon de courriel datant d'il y a plus de 6 ans, soit du 19 juillet 2001. J'étais alors au Panama depuis 4 mois et, bien que je ne me souvienne plus exactement de la question, la réponse que j'avais ébauchée pour ma mère mérite d'être partagée, surtout après mes derniers billets assez émotifs. J'ai retrouvé ce courriel il y a une semaine et ça m'a fait bizarre de relire ma jeunesse, mon exubérance et mes fautes d'orthographe ainsi...
je ne crois pas jamais avoir envoyé ce courriel...
"pour ce qui est de ta super question, la reponse est tres vague disons. depuis que je suis arrivee, j'ai remarquee
un changement de personnalite, maturation disons tres important. mais je sais pas quoi, ou, pourquoi...
j'ai absolument aucune idee de ce qui mature, mais je suppose que c'est moi en entier.
je suis tres heureuse, d'etre ici, de vivre ca, je ne regrete absolument pas le mcdo pendant 6 mois, le pas
d'argent pendant 6 mois, la perte de mes amis, l'eloignement.
je crois que c'est trop super d'etre ici, meme si ca parait pas toujours. dis toi que a tout les jours,
quelque chose de bien m'arrive, meme si souvent je parle que du mal ou de ce qui fait chier. "
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19 sept. 2007
réminescence et nostalgie.
L'excitation du début, le sentiment d'alégresse qu'apportent les voyages, la découverte et l'exploration, puis la routine qui s'installe. Les petites habitudes indélogables et les nouvelles qu'on adopte à cause de ce nouvel environnement. Vient ensuite un creux, un sentiment de vide, de délaissement, de l'ennui aussi. On pense à la maison et ça nous manque. Les gens, les lieux, les odeurs... Les larmes faciles, la plume volatile, le téléphone et l'internet qui rendent tout si près et pourtant si loin...
je vous écrivais cela il y a cinq mois et me voici maintenant dans cet état, la première moitié de mon voyage étant terminée. Je sais parfaitement où j'en suis, et ce n'est ni dépression, ni nostalgie. Dans le langage des étudiants d'échange, je suis au creux de ma courbe d'adaptation. Je me trouve dans le no man's land de l'échangisme étudiant, celui duquel nos propres efforts, aidés de la présence des autres, nous tireront sans qu'on s'en aperçoive.
Je me sens seule et je ne le suis pas. Je me sens désemparée devant les petites choses si simples de la vie. Je me sens incomprise alors que je ne dis rien. Je me sens éloignée et c'est la seule chose qui est vraie.
Vous écrire dans cet état n'est pas pour moi un grand plaisir, mais j'y trouve tout de même une richesse. La richesse pour vous de suivre un peu plus intimement mon périple, la richesse pour moi de vous utiliser comme exutoire émotionnel suprême. Une sorte de béquille technologique..
Des derniers mois, j'ai pu tirer trois constats. D'abord, j'ai un grand besoin de stabilité, de sédentarisation dans ma vie présente et j'ai hâte de revenir à Montréal pour concrétiser cet état. Je veux m'installer, me cocooner, me dorloter. De ce fait, mon deuxième constat est donc que ce voyage sera le dernier grand voyage d'hélène. Grand comme dans long.
Mon dernier constat en est un émotionnel. Vous, amis, familles, collègues, me manquez. Je m'ennuie de vous et vous êtes plus que central dans mon existence. Sâchant comment me sortir de cette petite passe négative, je vais me faire gâter en Belgique chez les mNm dès demain en l'honneur de votre bon souvenir, de votre amitié et amour.
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18 sept. 2007
juste une histoire de chandail ben ordinaire
il y a 5 ans, j'avais acheté dans un magasin usagé un vieux coton ouaté nike. C'était un modèle d'enfant et il était définitivement trop petit des bras, mais je l'a.d.o.r.a.i.s.! Et quelques mois plus tard, je l'ai perdu dans les rues de montréal-la-grande-ville (j'étais encore banlieusarde à l'époque).
J'étais tellement en criss de la perte de ce fameux coton ouaté que mon ex m'avait forcé à aller magasiner pour le remplacer. Et même l'achat de trois nouveaux chandails n'avait pas pu remplacer le confort de mon vieux nike noir.
Hier, en passant dans le secteur petit garçon du H&M, je l'ai vu. Y'avait une aura qui flottait autour, le bruit dans le magasin s'est assagi, je suis sûre que les clients me regardaient faire. J'ai tendu la main - c'était le même tissu. En l'essayant, je suis revenue cinq ans en arrière. Les bras étaient trop petits, mais la coupe allait à merveille.
Je le porte maintenant, et c'est comme si j'avais retrouvé une certaine période de ma vie en enfilant ce chandail. Et franchement, c'est encore mieux sans le signe Nike!
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30 août 2007
le train
Le train roule et me fait tanguer alors que je pense, mes écouteurs enfoncés dans les oreilles. Pourquoi au juste c'est de la musique triste qui joue, je n'arrives pas trop à me l'expliquer, mais ça semble être la bonne chose. De manière assez troublante, les larmes me viennent aux yeux. Un souvenir déferle, accrochant de surcroît un sourire niais à mes lèvres humides.
Je regarde par la fenêtre, espérant que ça me change les idées. Je pense que mon visage bouffi se réfletant dans la fenêtre du train ferait une bonne scène digne d'hollywood. Je mets mes lunettes pour camoufler les larmes roulant sur mes joues, mais rien ne peut me faire oublier ma lourdeur. Ce sentiment qui, si souvent au cours des derniers mois, me fais vouloir m'époumoner en criant, ce sentiment qui me demande de revenir vers vous et de ne plus jamais repartir...
Assise dans le train qui m'amène vers mon destin, je ne peux pas m'empêcher de me dire: Et si...
Et ces deux petits mots englobent la totalité de mes soucis, l'entièreté des gens que je sais aimer.
Et si quelque chose arrivait à ma mère ou à mon père, leur aurais-je assez dit que je les aime?
Et si un de mes amis disparaissait, regreterais-je de n'avoir pas assez profité de sa présence?
Et si mes grands-parents tombaient malades, aurais-je profité de leur vitalité pour mieux partager avec eux?
Et si j'étais resté, en serait-on là ?
Et de manière systématique, je répond non. Au cours de mes réflexions, je n'arrive jamais à trouver une finalité à toutes ces choses. Il n'y a aucun moyen de bien faire les choses, de m'assurer que les gens savent combien je les apprécie. Je sais que je ne dis pas assez je t'aime, et j'aimerais que les gens captent ce que je ne peux pas dire... mais ça ne fonctionne pas comme ça.
L'amour que je porte à tout ces gens me fait peur parce qu'il est tellement futile. Je crains sa momentanéité, sa volatilité, et surtout, j'exècre le fait que dans tous les cas, je ne détiens même pas la moitié de sa vérité. Comment donc mettre en mot ce qui ne réussit à se manifester que dans un train européen, derrière des lunettes fumées et avec de la musique triste?
Je ne crierai pas. Je ne reviendrai pas. Je ne me prometterai pas de ne plus jamais repartir.
En chemin vers mon destin, je m'avoue vaincue par mes sentiments. Je vous aime, ma peur est de vous perdre et ma peine est de ne pas vous dire assez souvent à quel point vous comptez pour moi.
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29 juin 2007
Ce qui me manque le plus cet été..
c’est les festivaux. Surtout le Jazz et Juste pour rire.. me semble que la fenêtre de ma chambre ouverte me permettait presque d'entendre la fête, là-bas sur ste-cath..
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22 juin 2007
L'arbre est dans ses feuilles
3 mars 2001, Panama City, Panama
Bris technique. Mon avion n'est jamais décollé de Montréal. Merde. Je pars un an en échange, je suis seule, et mon foutu avion ne décollera jamais de Montréal. Je vais voir les agents de bord d'American Airlines et on m'offre de tenter ma chance avec Air Canada. On finit par m'allouer une place en première jusqu'à Newark. Une heure plus tard, en atterissant à Newark, mon transfert vers Panama City a déjà pris le ciel. Re-merde.
J'arrive à Panama le lendemain soir. Dernière arrivée d'un groupe de 23 étudiants, je suis aussi la seule à être (sic) la seule d'un pays: 2 nouvelles-zélandaises, 3 suisses, 4 japonaises, 5 thailandais, 7 australiens, et moi, en retard de 24 heures, seule canadienne. Il est 10 heure pm, je pue, je suis fatiguée et il fait chaud. On m'annonce qu'on attendait mon arrivée pour commencer le Talent Show, la spécialité AFS.
Quoi? Pouvez-vous répéter?
Un talent-show, par pays.
...
Les options qui s'offrent à moi sont les suivantes:
1) Retourner au Canada.
2) Me rouler en boule et refuser de participer. Pleurer peu aider.
3) Participer.
Pour ceux qui me fréquentaient à l'époque, vous connaissez la gêne immense qui habitait mon menu corps. Pour ceux qui ne me connaissaient pas, apprenez que je rougissais avant même que les professeurs ne me posent une question en classe.
Revenons à 2001. Que faire? J'accepte, non sans prendre préalablement une douche, l'option 3. Joues rougies, bégaiement accentué et accent franco-canadien sur le bord de la bouche (on interragit quand même en anglais):
I will... sing a French-canadian song... I think... I'm not sure... So just sing along.
(me souvenant que certains ne parlent pratiquement pas anglais...) Or repeat after me. Or not. Whatever...
(sur une air de chanson très connue) L'arbre est dans ses feuilles Maridon-Maridée, l'arbre est dans ses feuilles Maridon-don-dé.
Cela fut mon premier lancé du javelot, ma brisure de glace, la chute de laquelle je pus me relever. Je découvris sous ce couvert de gêne et de timidité une helene sachant affronter la vie, et les humains la peuplant! Une helene pouvant affronter foules et marées sans béquilles humaine ou morale! Mes amis d'échange ne me croyèrent jamais lorsque je leur expliquais plus tard que j'étais morte de trouille à me présenter seule devant eux ce fameux soir de mars 2001. Et pourtant, avais-je vraiment le choix?
21 juin 2007, Courseulles-sur-Mer, France
C'est la Fête de la musique et nous allons en ville, écouter un peu ce qui s'y fait. Un bon groupe de Blues joue et nous buvons une biére en les écoutant, tappant le rythme du pied avec allégresse. Chaque fin de chanson, alors que nous exclamons notre contentement, nous réalisons que les Français ne sont pas très expressifs. Ils applaudissent quasiment silencieusement et nos bravos semblent les déconcerter.
Le concert se termine et Mélanie-Eve, Katya et moi entonnons quelques chansons à répondre. Nous entamons les premiers couplets que je connais si bien:
(sur une air de chanson très connue) L'arbre est dans ses feuilles Maridon-Maridée, l'arbre est dans ses feuilles Maridon-don-dé.
Le groupe près de nous nous demande de chanter pour eux, intrigués par cette chanson. Cette fois-là, je vous jure que cette chanson représentait beaucoup plus que la gêne d'il y a 6 ans.
Alors que les couplets s'enchaînaient, les souvenirs affluaient et un sourire nostalgique me flottait aux lèvres. Cette fois-ci, j'ai eu le choix et je l'ai relevé avec un plaisir évident!
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22 avr. 2007
2 jours, 1 jour 0 jour
Bon. C'est du vrai de vrai. Après avoir dit bye à Marie-christine mercredi, vendredi s'était tous les amis et hier la famille.... reste juste maman et pat qui viendront à l'aéroport tout à l'heure.
je me suis réveillée pour la première fois hier avec la boule du voyage. Elle s'est lovée à quelque part entre le fond de ma gorge et mon oesophage et elle ne me quitte plus depuis. Sans mesure, elle me rappelle d'abord que je pars, mais aussi que je prends l'avion dans quelques heures et que finalement, j'aime pas ça tant que ca prendre l'avion. En fait, je l'avoue, j'ai une peur immense à chaque décollage. En vol, aucun problème. À l'atterrissage non plus. Mais j'haïe le décollage.
Bon, continuons. J'en étais à la boule du voyage. En ayant dit aurevoir à tous ceux qui comptent pour moi, ma boule s'est concrétisée parce que j'ai pris conscience que c'était vrai et maintenant. Le vrai décompte est commencé.
Hier, alors que mon père nous ramenait en voiture avec Pascal, max et éli, je ne parlais pas beaucoup. J'étais dans un état qui oscillait entre la fatigue et l'introspection délurée... Je réalisais que je partais, que c'était long, mais que ça allait être cool, que les gens allaient me manquer, bon, vous voyez le genre. Tout d'un coup, à la radio, une chanson des trois accords a commencé à jouer et je me suis sentie... ébranlée. j'aime pas particulièrement ce groupe, mais c'était comme un momentum, comme si la chanson était faite pour ce moment là de ma vie. Bref, je vous laisse sur ces paroles et je vous revois dans quelques jours, une fois arrivée à Courseulles-sur-mer je vous redonnerai des nouvelles.
Les trois accords - ton avion
Non non, ne prends pas ton avion
Quand tu pars tout est long
Tout est long
En sortant de l’aéroport
Je retournerai à l’endroit
Où tu m’as dit je t’aime fort
Où tu m’avais dit que parfois
Tu aimais renifler l’odeur
De mes mitaines à 3 couleurs
C’était avant les détergents
Non non, ne prends pas ton avion
Quand tu pars tout est long
Tout est long
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18 avr. 2007
5 jours
une bonne nouvelle à partager avec tous: j'ai obtenu une bourse à la mobilité pour mon échange, ce qui signifie plus de soucis financier pour cette partie de mon séjour!
yes sir.
j'ai aussi commencé à faire mes boîtes. je m'y attendais mais c'est dépressant puisque ça concrétise le départ. Je crois que je n'ai jamais senti autant de pression par rapport à un voyage et mes sentiments sont très mitigés.
Mes amis allemands christoph et daniel me faisaient remarquer que mon peu d'excitation peut facilement s'expliquer par le fait que je sais pertinemment ce que je vais rencontrer pendant ce séjour. Je suis déjà partie pour une période aussi longue et je sais d'emblée les hauts et les bas que je vais vivre.
L'excitation du début, le sentiment d'alégresse qu'apportent les voyages, la découverte et l'exploration, puis la routine qui s'installe. Les petites habitudes indélogables et les nouvelles qu'on adopte à cause de ce nouvel environnement. Vient ensuite un creux, un sentiment de vide, de délaissement, de l'ennui aussi. On pense à la maison et ça nous manque. Les gens, les lieux, les odeurs... Les larmes faciles, la plume volatile, le téléphone et l'internet qui rendent tout si près et pourtant si loin... Les amis et la famille qui écrivent sans jamais savoir qu'un simple courriel peut déchaîner le niagara.
Et tranquillement, sans trop qu'on s'en aperçoive, ça passe. Ce qui nous est apparu comme nouveau ne l'est plus, mais pourtant on s'aperçoit redécouvrir l'espace nous entourent sous un nouvel oeil. On apprécie de nouvelles choses, de nouveaux lieux, de nouvelles personnes. Le choc est passé et le plaisir d'être à l'étranger revient tout doucement, aussi subtilement que s'était installé l'inconfort inexplicable qui nous habitait précédemment.
Alors que la fin approche, notre rythme de vie augmente. Tant de choses à faire, tant de choses à voir, tant de gens à connaître... Et pourtant, avec un voyage aussi long, on croyait avoir le temps de tout faire. Le temps nous rattrape, comme il l'avait fait avant notre départ il y a quelques mois. Les sentiments qui nous habitaient avant de quitter notre pays nous reviennent, mais sous un angle différent. Le retour est excitant, la hâte de revoir les amis et la famille venant contredire le désir de rester plus longtemps, de profiter du moment présent.
Bref, je sais ce que je vais trouver. et pourtant, dimanche, 18h, dans l'avion, je serai excitée comme une fillette à l'idée de ce voyage. mais pour l'instant, c'est à montréal que je suis.
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21 mars 2007
nostalgie quand tu nous tiens.
c'est dans de belles soirées comme celle d'hier que je comprend que vous allez me manquer. merci les garçons.
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